Ceux qui me connaissent savent que je préfère la discipline positive à l’éducation traditionelle, même si j’en apprends encore les contours et que les métastases de l’éducation autoritaire que j’ai reçu peuvent parfois refaire surface. Ce n’est pas facile tous les jours étant maman active, d’appliquer les principes bienveillants et fermes de l’éducation positive. Néanmoins, je suis convaincue qu’on ne résout rien par l’autorité absolue ni par la violence, et que cette éducation traditionnelle n’est pas adaptée à mon désir de faire de mes enfants des adultes épanouis exprimant pleinement leurs potentiels.

En devenant maman, j’ai voulu m’informer sur les moyens les plus adéquats pour éduquer mes enfants en accord avec mes convictions profondes. J’ai lu des bouquins, parcourus des blogs, suivi une formation sur l’éducation positive. Je m’efforce au quotidien à en appliquer les principes fondamentaux et à continuer d’apprendre.

Ma fille aînée est adorable en général et très mature pour son âge, ça n’a donc pas été trop dur de la faire coopérer, et de voir les retombés positifs sur notre relation.

Puis j’ai été enceinte de ma seconde fille, la fatigue, les douleurs et les hormones, ont eu raison de moi. Au second trimestre de ma grossesse , j’ai décidé de retirer ma fille de la crèche pour les 2 derniers mois, dans le but de passer plus de temps avec elle avant l’arrivée de bb 2.                                                                                                                 Cependant, j’avais oublié à quel point le dernier mois de grossesse paraît interminable et pénible. Lorsque j’accouche 3 semaines avant le terme , exténuée et à bout de nerf car manquant de sommeil, je me suis retrouvée à engueuler ma fille comme jamais auparavant, et même à lui donner la fessée! Suivie de grosses larmes dans ma chambre car je n’aimais pas le message que je lui faisais passer.

Pourtant la fatigue et la douleur de césarienne n’était pas les seuls coupables. Ma fille me rendait la vie particulièrement difficile, elle n’écoutait plus, bafouait les règles et prenait un malin plaisir à faire justement ce que je lui demandais gentiment de ne pas faire.
Elle était si adorable avec sa petite sœur que je ne mettais pas rendue compte que c’était sa façon d’attirer mon attention. Alors lorsque cet après midi là, après une énième nuit sans dormir, et la fatigue accumulée , elle me donna une tape parce qu’elle voulait un 4ème épisode de Trotro sur YouTube, sachant que je lui avais déjà accordé un de plus, je n’ai pas pu me retenir de lui donner une fessée et de l’envoyer faire la sieste sans faire la lecture, moment qu’elle chérie tant. Le lendemain, lorsqu’elle a fait une heure à table sans rien manger, se mettant sans cesse debout pour aller jouer, je lui ai encore assigné une fessée pour m’avoir craché dessus.

Après ces cris et colères incontrôlées, j’ai décidé que ça ne pouvait plus continuer. Bien que ce soit des événements isolés, je n’aimais pas la tournure tendue que prenait notre relation.Je me suis rendue compte que tout cela était favorisé par mon état d’extrême fatigue. Je sortais de l’hôpital avec un nouveau né, seulement 5 jours après une césarienne d’urgence, je devais m’occuper seule de mes 2 enfants et de la maison, sans aucun parachute ni aide extérieure sur laquelle compter. Je peux vous dire que ce fut l’un des épisodes les plus douloureux de ma vie tant physiquement qu’émotionnellement.

Je n’essaie pas de trouver d’excuses car j’estime que c’est moi l’adulte et qu’elles n’ont rien demandé. Je me suis en plus assez informée sur la question pour mettre les mots sur l’attitude de mon bb1. Mais à ce moment là, je n’avais plus la lucidité ni la force de relativiser, de faire un temps de pause ou de prendre sur moi pour l’aider à exprimer autrement ses émotions. Les miennes étaient déjà incontrôlables.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. En effet, il a suffit de quelques jours de tension pour entendre ma fille nous donner des ordres; proférer des menaces et nous parler sur un ton condescendant en fronçant les sourcils! Elle était passée de la petite coquine toute mimi à la teigne insolente, têtue et violente par notre faute, car elle nous imitait. L’exemple parfait de l’effet miroir.

Heureusement, rien n’est irréversible. Je me suis replongé dans les principes de l’éducation positive, en discutant avec elle, pour lui expliquer mon attitude colérique, excédée et impatiente. Je lui ai demandé pardon et sommes reparties sur de bonnes bases. Son attitude a changé en quelques jours et notre harmonie familiale était de retour.


Tout ça pour dire que nous ne sommes de bonnes mamans que si nous sommes épanouies, reposées, en bonne santé émotionnelle et physique.

Il est indispensable de prendre soin de nous afin que nous soyons heureuses, ainsi que notre famille . Il ne sert à rien de se donner corps et âme jusqu’à l’épuisement pour leur bien-être; ça remplira peut être leurs assiettes mais pas leurs cœurs.

C’est important de lâcher prise lorsqu’on est à bout. Essayer de trouver des solutions pour nous retrouver, nous reposer, nous faire belles, voir des amies… en gros faire des choses qui nous permettent d’être en parfaite harmonie intérieure. Ça se verra, et nos enfants nous remercierons.

Prenez soin de Vous mamans, votre bien-être en dépend et l’équilibre de vos familles aussi.