Mon beau frère m’a interrogé dernièrement sur le fait qu’il observait énormément de rivalité entre femmes. Il pointait du doigts entre autre la manie des femmes à juger et  rabaisser, comme si le fait d’apprécier une autre femme dépréciait leur personne. 
 
Je ne pense pas que la compétition/rivalité soit l’apanage des femmes, d’ailleurs les hommes ne sont pas en reste sur la question. Mais il faut reconnaitre que cet esprit de rivalité qui cache bien souvent de la jalousie chez un grand nombre de femmes pose question.
 
Le constat de mon beau frère n’est pas absurde, nous pouvons tou.t.e.s constater que les femmes en général sont plus enclin à se faire la guerre qu’à se soutenir. On pourrait écrire une thèse sur ce sujet tellement les expériences vérifie cette théorie.
 
Pourtant, depuis quelques temps le terme sisterhood, que l’on pourrait traduire en français par sororité ou solidarité féminine est de plus en plus mise en avant. La sororité est revendiquée par les femmes de tout bord et amplifiée par les réseaux sociaux. Les femmes s’adorent! Il n y a qu’à regarder les comptes IG, les femmes se complimentent,s’encouragent, se soutiennent…  #sisterhood; #sororité; #womenempowerwomen etc les hashtags sur ces thématiqes ne manquent pas.
Mais qu’en est-il dans la vraie vie?
 

La sororité virtuelle

Dans un joli monde, ce serait l’idéal n’est ce pas? que les femmes soient réellement solidaires au lieu de se jalouser, et de se comparer en permanence. Les femmes de toutes les couleurs, de toute génération, de tout milieu social, toutes unies comme un seul être… bon faut pas rêver non plus, commençons par la neutralité serait déja très bien.
 
Dans ce merveilleux monde virtuel qui semble si sympathique, nous assistons en parallèle à des scènes de lynchage communément appelé bashing. Cette méchanceté  gratuite déversée par des soit disant bienfaitrices, expertes en tout, sous couvert de la liberté d’expression. Sous prétexte qu’une « influenceuse » ou whatever fait une association de couleur qui ne leur convient pas, certaines femmes n’hésitent pas à devenir de vraies consultantes en image malveillantes.
 
Beaucoup de femmes n’arrivent pas à regarder l’autre sans juger, critiquer, comparer, c’est lassant! « Elle n’a pas fait ci, « elle n’a pas bien répondu, » « elle est arrogante »; «  à sa place j’aurais fait ci. » etc eh bien vous n’êtes pas à sa place! si vous appréciez ou êtes inspirée, n’hésitez pas à encourager. Sinon, quittez sa page! Mieux, allez faire plus, il y a de la place pour tout le monde, et du génie il y en a en chacun d’entre nous (bon j’exagère un peu!  mais en Vous ouiii:-) ).
 

Le manque de solidarité au quotidien 

Tout commence à la maison

Un jour, je regardais un film avec ma mère, lorsqu’elle fit ce commentaire « hum les filles sont toujours contre leurs mères!» cette réflexion m’a piqué! Bien que je comprenais ce qu’elle voulait dire et savait qu’elle s’était juste mal exprimé, j’ai tenu à en parler avec elle.
Ma conclusion suite à cette discussion est que beaucoup de mères se posent en juges face à leurs filles: fais pas ci, fais pas ça; si tu as fais çà, tu es une…. ; »Sois parfaite;  soit comme ci… Tu n’es pas comme… ». Trop de filles subissent le poids du jugement et même de la jalousie de leurs mères, ou leurs soeurs elle-mêmes victimes des mêmes relations toxiques. Nombreuses projètent leurs frustrations et limites sur leurs filles.
Or les papas ne sont là que très peu de temps, et en général c’est le compagnon de jeu (pour celles qui ont de la chance lol) , ou celui qui donne quelques billets… donc le gentil gendarme.
 
Je disais ainsi à mère que si les femmes passent beaucoup de temps avec leurs filles et qu’à la fin elles « préfèrent ou prennent le parti de leur père » (d’après elle), alors les femmes devraient revoir la façon dont elles éduquent leurs filles, elles devraient repenser leurs relations. C’est là que le mot sororité prend tout son sens.  Si les femmes voient leurs filles comme des alliées, et les éduquent dans la bienveillance et la solidarité féminine, leur perception d’elles mêmes et des autres femmes changera. a mon sens, c’est à la maison que tout se joue, si nous élevons nos filles en leur donnant de vraies valeurs tels que l’estime de soi, la confiance en soi et en l’autre; l’appréciation et le respect de toute forme de beauté, la bienveillance et la tolérance, il n y a  pas de raison que les filles voient les autres filles comme des rivales.  
 

On ne peut pas aimer tout le monde

Etre conscient de sa liberté c’est aussi considérer la liberté des autres. Nous pouvons ne pas être d’accord mais se respecter quand même. Eviter de mépriser les autres ni de cracher sur leur travail sous prétexte que l’on aime/n’adhère pas. N’oublions pas que notre vision est conditionnée par notre cadre de référence.
Il suffit de changer de paradigme des fois pour changer d’avis. Garder à l’esprit le but, c’est cela le plus important. Par exemple, une femme a besoin de vous, même si vous n’aimez pas sa façon de s’habiller ou de parler, si elle a du potentiel et que vous avez la capacité de l’aider, faites le! le but c’est l’autonomie d’une femme de plus. Au lieu de çà, on passe notre temps à critiquer, à lorgner. Pire à  briser les autres, comme si ces sentiments négatifs avaient déjà fait avancer qui que ce soit. 
 

Les femmes dans le monde professionnel

Combien de femmes peuvent témoigner avoir eu une très mauvaise expérience en passant un entretien d’embauche avec une autre femme? Combien peuvent témoigner avoir eu la pire expérience professionnelle de leur vie avec une femme?
Nombreuses d’entre nous préférons avoir affaire à un homme qu’à une femme. Par exemple à la préfecture, ou dans tout autre centre administratif. Pourquoi? parce qu’on a une chance sur deux d’être traité avec peu d’égards lorsque c’est une femme. C’est un triste constat, et heureusement pas vrai dans tous les cas.
Combien de femmes ayant du pouvoir et de l’argent font confiance à d’autres femmes? les embauchent, leur prêtent de l’argent, investissent dans leur business? Après on s’étonne que les hommes nous dominent et qu’il n’y pas d’égalité d’opportunités?
Celles qui qui ont  réussie doivent être plus solidaires, partager leur savoir et leurs secrets avec d’autres femmes, pour une cause bien plus grande que notre petit nombril. Mesdames, la condescendance et l’orgueil n’ont jamais été loués, et surtout ne construit rien de stable, ça se saurait sinon. 
 

Les femmes non féministes

Aucun combat féminin n’aboutira sans les femmes, sans toutes les femmes, y compris celles qui se disent non feministes. C’est marrant de le dire d’ailleurs. J’ai écouté une femme qui se dit coach,  proclamer sur les réseaux sociaux tout sourire, avec un ton bien condescendant qu’elle n’était pas féministe, parce qu’à la maison elle respectait son mari. J’ai envie de lui répondre que moi aussi je respecte mon mari, et je suis chrétienne…. Pourtant je suis féministe jusqu’au bout des ongles. Arrêtez de faire du féminisme un mal qu’il n’est pas. Le féminisme ce n’est pas dominer son époux ou écraser sur la tête des hommes. Les féministes ne sont  pas des hystériques qui ne peuvent vivre qu’en vase clos avec d’autres féministes aigries.

Lorsque j’entends des personnes en l’occurrence des femmes répandre ce genre d’allégations cela me met hors de moi. Avant de prendre position sur des sujets, je vous en prie chères soeurs informons nous au préalable. Notre ignorance couplée au manque de solidarité servent la cause de plusieurs.

Les femmes de couleur

Je ne pouvais pas parler de solidarité entre femmes sans évoquer ce sujet en particulier. Le manque de solidarité féminine dans la communauté noire m’a toujours laissé sans voix. Des rassemblements de femmes noires ressemblent souvent à de vraies nids de guêpe. Siège de la jalousie, de commérages, des coups bas… une vraie gangrène qu’il faut absolument soigner, nous n’avons pas besoin de çà.

Par exemple, beaucoup de noires sur les réseaux sociaux se permettent de juger, d’insulter, de moquer des artistes, et autres personnalités publiques noires sur leur physique, leur capacité à s’exprimer en français etc. 

Il n y a pas longtemps nombreux se sont donné à coeur joie à l’exercice du lynchage vestimentaire et capillaire de Sybeth Ndiaye, nouvellement nommée Porte parole du Gouvernement. Je ne pointerai pas les racistes et mysogines qui l’ont fait, leur idiotie ne mérite pas qu’on s’y arrête. Je parle ici de commentaires de femmes noires qui ont donné leur avis d’expertes lamentables sur sa personne. C’est honteux, bas et médiocre! A tous les stagiaires de Christina Cordula et de Vernon François, sachez qu’être noire ne vous donne pas la légitimité de critiquer et de juger les autres femmes noires.

Un autre exemple. Avez-vous entendu parler de la vidéo qui a fait le buzz, dans laquelle deux femmes congolaises se disputaient un homme, la femme cocue allant jusqu’à dénuder et menacer de mort la maitresse?  Beaucoup de femmes ont commenté, et se sont indignées, c’est très bien. Mais je me demande combien de femmes ont partagé cette vidéo? et combien de vidéo montrant des femmes noires nues et/ou maltraitées circulent sur la toile? C’est là le problème, puisqu’en les partageant elle deviennent virales, donnant ainsi plus d’audience à ces scènes. Je passe sur le fait que la cocue a humilié la maitresse au lieu de s’en prendre à celui qui s’était engagé à lui rester fidèle pour la vie. Dans les deux cas il y a un manque de solidarité féminine!  

Seulement, n’oublions pas que le corps d’une femme bafouer de la sorte est représentatif du corps de toutes les femmes, à fortiori celui de la femme noire. 

 
Soyez un soutien pas un juge, soyez un exemple, pas un critique. Soyez une partie de la solution, pas une partie du problème. Stephen Covey
 
Pourquoi est-ce si difficile pour les femmes d’être solidaires?  En quoi la solidarité féminine inclusive est indispensable pour faire avancer la cause de toutes les femmes? ce sera le sujet d’un prochain article.
 
En attendant, méditons sur ces questions les filles.
Comment traitons-nous les femmes qui ne sont pas nos amies? quel regard portons-nous sur nos semblables? Est-il plus inquisiteur  que bienveillant? Soutenons-nous les femmes? ou embrassons nous l’idée selon laquelle l’autre fille est une potentielle rivale?
 
Souvent nous nous offensons sur les idées réductrices que les hommes ont de nous. Par exemple chez moi au Congo, il y a un adage qui dit « bassi ba tongaka mboka té », entendez par là  » les femmes ne peuvent pas bâtir une nation ensemble ». Nous pouvons en débattre des heures, mais nos comportements démentent-elles cette allégation? 
Essayez d’observer votre langage à propos des femmes. Qui sont nos amies, avons nous des relations saines et productives aves elles? ou nos discutions sont en général des cours de justices où nous sommes à la fois juges et jurées? avec au banc des accusés des femmes bien sur!
 
Mon maitre d’école m’a dit un jour, qu’on ne peut comparer que les objets de même nature, or chaque être humain est un doté d’un esprit unique aux potentiels infinis. Si nous saisissons cette vérité, notre regard sur l’autre, en particulier sur l’autre femme pourrait bien changer, et nous donnerons du sens à ce mot « sororité » dont les femmes ont cruellement besoin.

Allez je vous embrasse, prenez soin de vous, et de celles qui vous entourent.