Avez-vous déjà entendu parler du Docteur Mukwengue, Médecin gynécologue Congolais prix nobel de la Paix 2018? Son discours lors de la remise de prix témoigne des atrocités vécues par les victimes de la guerre dans l’Est de la RDC et de l’urgence à agir. Dans l’horreur absolue, le Docteur M. et bien d’autres héros travaillent au péril de leur vie pour redonner dignité et humanité à ces femmes victimes de viol et crime de guerre dans cette partie du monde.

Dans ce billet, je vais vous parler d’une partie du travail accompli par ces héros de notre temps, au travers du centre d’accueil et de réinsertion des femmes victimes de viol dénommée Cité de la Joie.

On ne peut pas regarder le film documentaire City of Joy- La Cité de la joie (disponible sur Netflix) sans être secoué dans son entière humanité. On entend beaucoup de choses sur les atrocités subies par les personnes habitant l’Est de la RDC plus particulièrement les femmes. Mais aucun article, aucun discours, n’illustrera ces horreurs comme le témoignage des victimes, traduisant ainsi l’enfer qu’elles vivent.

 « La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l’apparence de la faiblesse. »

Victor Hugo

Au delà de nous bouleverser, en nous montrant à quel point l’être humain est capable du pire, City of joy met en lumière la force incommensurable des femmes, et la puissance qui peut accompagner des actions empreintes d’amour. La capacité de résilience qui caractérise ces femmes dépasse tout entendement.

Ce documentaire est le témoin que la résilience est possible pour tout être humain quelque soit l’horreur vécu à condition de soigner son âme, son esprit et son corps et surtout d’être bien accompagné.

J’ai pleuré quasiment durant tout le film tellement les récits témoignent une barbarie insoutenable. J’avais ma petite fille de quelques mois dans les bras, et je pensais à toutes ces mamans qui ont vu leurs bébés être violés par des hommes congolais censés les protéger.

J’étais égoïstement pleine de gratitude en voyant la chance que j’avais eu, en naissant à quelques kilomètres de là , de l’autre coté du fleuve, dans l’autre Congo. Je me suis souvenu des histoires de viol que j’ai entendu pendant la guerre de 1997 au Congo BZV. Des histoires chuchotées lors des rencontres des femmes à l’arrière cours auxquelles nous n’étions pas invités. Pourtant il n’ y a pas plus réel, ce terrorisme sexuel institutionnalisé frappe au quotidien, des milliers de femmes, de tout âge et prennent la vie à beaucoup d’entres elles.

Pourquoi l’être humain est-il capable de tant d’atrocités? pourquoi l’argent peut rendre l’homme inhumain à ce point? pourquoi les noirs n’apprennent-ils pas de leurs erreurs ?quand prendrons nous conscience que la barbarie n’est pas une option? hélas je n’ai tristement pas de réponse.

C’est en regardant Cité de la joie que j’ai compris pourquoi c’est si difficile de mettre fin à cette guerre malgré le nombre de morts, et la violence insoutenable qui la caractérise. D’après le documentaire, elle a causé depuis 1996, près de 6 millions de morts, vous vous rendez compte? l’équivalent de la population des pays comme la Finlande, l’Irlande, la République du Congo … c’est révoltant.

Ces femmes sont victimes de terrorisme sexuel parce qu’elles sont femmes, parce qu’ au travers d’elles ces barbares détruisent toute une communauté. Que devient une mère violée devant ses enfants? que devient une épouse violée en présence de son mari? que deviendra un fils qui a assisté au viol de sa mère et/ou au meurtre de son père? Ils n’atteignent pas que leurs victimes directes, ils détruisent toute la communauté, et c’est exactement çà l’objectif visé. Tout ce sang versé, ces générations sacrifiées à cause d’intérêts personnels.

Le monde entier est témoin, les grandes puissances ont toutes ce sang versé sur les mains de façon directe ou indirecte. Et nous, citoyens du monde sommes en contact avec ces produits de sang à travers par exemple nos téléphones portables et autres produits dont les composants proviennent de ce pays.

« Le féminisme est un humanisme. C’est à dire que le féminisme prend acte de l’histoire longue de domination et d’oppression des femmes… »

Christiane taubira

Pour terminer, j’aimerais inviter tous ceux qui crachent sur le féminisme et le combat des femmes en général, à regarder ce documentaire. On ne peut pas estimer être humain et particulièrement femme, et penser que les droits des femmes ne vaut pas la peine d’être revendiqué et défendu. Car c’est de çà qu’il s’agit, de défendre les droits des femmes qui risquent tous les jours leurs vie, en allant travailler pour nourrir leurs familles. De celles qui sont violées juste parce qu’elles ont le malheur d’avoir un vagin. De celles qui sont fouettées ou lapidées pour un présumé adultère. Et de celles dont ont ne parlent pas, celles qu’on a bâillonné parce que leurs voix dérangeraient l’équilibre d’un système patriarcal bien pensé. Les femmes méritent d’exister entièrement, sans avoir peur, sans être prises pour cible comme c’est le cas dans beaucoup de parties du monde.

Si vous regardez le documentaire vous verrez, personne ne peut arrêter la force d’une femme. Celle là qui est déterminée à se relever le fait et entraine avec elle une multitude. Force à vous femmes congolaises, vous êtes extraordinaires! longogna

N’oublions pas qu’en Inde le symbole de la force est une femme; la déesse Shakti.

indira Gandhi