Je me suis levée ce matin, sur une musique à laquelle je me suis accoutumée depuis quelques années: les appels/cris de mes enfants. Comme la majorité des matins, ma nuit a été trop courte à mon goût.

Mon corps est douloureux (je me répète encore une fois qu’il ne faudra pas que j’oublie de prendre rdv avec un ostéopathe). J »aimerai me lever à mon rythme, prendre le temps de méditer, prier, faire des étirements… bref avoir une « morning routine ». Vous savez, celle vendue à toutes les sauces sur les réseaux sociaux. Je sais que ce sera bénéfique pour moi d’en établir une, mais je n’y arrive pas, mes débuts de journée sont souvent brusques et stressants!

Je me suis alors demandé comment ma mère a fait? j’imagine le poids qu’elle a porté durant toutes ces années avec 5 enfants. Comment a t-elle géré lorsqu’on était en bas âge? Et je me suis rendue compte qu’en fait , ma mère et moi n’avons jamais eu de conversations sur la maternité ni sur la grossesse. Mis à part le « hum, les mamans souffrent hein! », je ne sais pas grand chose sur son expérience en tant que mère, ses choix, son vécu d’épouse… Je parie que j’en apprendrais énormément!!

On rabâche aux filles qu’il faut qu’elles se marient, et/ou qu’elles aient des enfants, sans jamais nous préparer vraiment à ce rôle de maman, en tant que sujet.

Je parle par exemple de la charge émotionnelle, et mentale que cela engendre. Des conséquences sur nos ambitions personnelles, nos projets, notre corps. Comme si avoir un utérus faisait de nous d’emblée de bonnes mères, or c’est faux!

La grossesse, l’accouchement ce qu’on ne dit pas tout haut

Oui je sais! toutes les femmes ne sont pas pareilles, les grossesses également. Mais nous avons quelques situations en commun. Lorsqu’on est bien préparé, on affronte mieux les choses.

La douleur tu connaitras!

J’avais entendu dire que l’accouchement était douloureux. Une amie m’avait dit je cite « ça fait mal comme les règles douloureuses ». Je me suis alors dit « ça va »! je vis avec ces douleurs depuis des années ». Je m’attendais à quelque chose de supportable! What???

Je n’ai rien connu de semblable depuis ma naissance, c’est horrible! un cauchemar!
Je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie, et rien de ce que je dirai ici ne pourra décrire cette douleur. Par voix basse ou par césarienne l’accouchement est une épreuve, qui porte bien son nom la Délivrance!

La douleur de l’accouchement n’est pas la même pour toutes les femmes, mais ce n’est pas une partie de plaisir pour la plupart d’entre nous. Les accoucheuses par césarienne, avec forceps, épisiotomie… OMG! Dieu bénisse toutes les mères.

Les hormones te rendront folle!

Mais pourquoi personne ne m’a prévenu à propos des hormones?

Je parle ici de la déroute psychologique qu’elles peuvent engendrer. Ça été l’aspect le plus difficile pour moi.

Ces gentilles dames qui s’installent dans notre corps et prennent le contrôle de tout notre être, et pas seulement pendant la grossesse. Elles restent bien longtemps après l’accouchement. Elles ont du bon bien-sûr! Ce chamboulement est nécessaire pour aider notre corps à porter bébé et l’emmener au monde.

Je trouve dommage qu’on ne nous prépare pas assez sur ce sujet. Etant primipare on ne sait pas donner de nom à ces sentiments ambivalents et déroutants. Un suivi psychologique devrait à mon avis faire parti de la préparation à l’accouchement.

On parle du baby blues? Tous ces changements, amplifiés par la fatigue physique et mentale peuvent nous mettre dans un état de dépression plus ou moins passagère. Certaines pensent ne pas aimer leur enfant, ou n’arrivent pas à l’aimer, ça peut être assez troublant pour un maman. Car l’instinct maternel ne vient pas forcément avec le bébé. En avoir conscience, permet de pouvoir en parler et de demander de l’aide. Et ça n’arrive pas qu’aux femmes blanches (je précise hein, au cas où que certain.e.s n’auraient toujours pas compris que la dépression n’a pas de couleur).

Du sang tu pissera!

Vous a t-on dit par exemple qu’ après avoir accouché vous saignerez pendant des jours voir des semaines? que vous risquez de porter des couches comme votre bébé? eh beh c’est possible! Les serviettes hygiéniques classiques ne suffisent pas.

Et je passe les changements physiques qui peuvent s’avérer très inconfortables telles que les hémorroïdes, les fuites urinaires et autres conséquences. Encore une fois là aussi nous ne sommes pas toutes logées à la même enseigne.

La vérité à propos de la maternité

J’ai appris à mes dépends qu’une grossesse ne se limite pas au joli babybump arboré sur les photos d’instagram… ce n’est pas que le joli teint et les belles formes.

C’est surtout de gros changements physiques et mentaux, une grande responsabilité et un don de soi à 100%(j’ai hésité à écrire 200%).

Porter et donner la vie, est un miracle qui à mon sens est aujourd’hui banalisé par la société, car les risques de mortalité infantile sont aujourd’hui amoindris dans la plupart des pays developpés.

Mais ceci reste un sacrifice physique important, et implique un chamboulement émotionnel trop peu abordé et préparé. Comme je l’ai déjà évoqué dans cet article, c’est « the project » qui devrait absolument être pensé dans sa globalité.

Etre maman c’est merveilleux, cet amour fou donne des ailes et nous émancipe à bien des égards. Mais il faut reconnaitre que ce n’est pas un conte de fée. C’est aussi prenant que fatiguant, et malheureusement le poids de la parentalité est encore si mal réparti dans les couples, c’est davantage l’affaire des femmes que celle des hommes.

Avoir un enfant c’est du travail, un don de soi permanent. C’est de l’investissement personnel à tous les niveaux. Surtout si l’on aspire à une parentalité responsable, consciente et bienveillante.

J’en profite pour dénoncer cette tendance sociale qui soutient que les femmes sont aisément capables de gérer à la fois la vie professionnelle et la maternité en niant complètement l’énorme charge émotionnelle et mentale avec laquelle nous devons composer au quotidien. La réalité n’est pas si évidente. Soutenir le contraire c’est nier que nous le faisons par obligation ce n’est pas forcément un choix.

Je veux avoir des enfants, et une carrière. Ce n’est pas pour çà que je gère les deux avec une grande facilité. Les hommes et les femmes devraient avoir une charge mentale égale et le même niveau de responsabilité quant à la parentalité, PERIOD.

La maternité m’a donné des ailes, mais elle m’en a aussi coupé dans bien des domaines, et ça c’est ma vérité.

Je suis curieuse de savoir ce que vous avez découvert lors de votre grossesse et/ou accouchement, racontez moi…..

With love, always…