Les enfants suivent l’exemple de leurs parents : le jeune chameau s’agenouille en voyant s’agenouiller sa mère. 
Les proverbes du peuple arabe (1803)

Faire des enfants n’est pas la suite d’un rapport sexuel, ni même la suite logique d’un mariage/union… c’est un projet de vie. Je n’ai rien connu à ce jour qui m’a demandé autant de responsabilité.

En devenant parent, nous nous engageons à impacter une vie, puis toutes les vies avec lesquelles notre enfant sera en contact le long de sa vie. C’est donc une question à étudier, de façon personnelle d’abord, avant même que ce soit un projet de couple.

En entreprise, dans la gestion de projets nous faisons des études de faisabilité. Des équipes entières se penchent pendant des mois sur l’analyse de différentes questions pour mettre sur pied un projet et en assurer la réussite. Pourtant combien sont ceux qui font une étude de projet pour avoir un enfant? Or c’est « The Project »!

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte avant de donner la vie, la qualité de cette vie en dépend. Voici donc 10 conseils qui me semble importants à considérer avant d’avoir un enfant. J »espère qu’ils vous serviront.

1. Etre guéri de ses blessures émotionnelles (son passé)

Les enfants ressortent ce qu’il y a de meilleur et de pire en nous. Il sont comme un miroir qui nous montre qui nous sommes. L’enfant que nous avons été, ce dont nous avons manqué et ce dont on a bénéficié. Il est donc important d’être au fait de ces traces laissées par le temps en nous. Savoir regarder nos cicatrices émotionnelles avec objectivité et poncer les blessures encore ouvertes si on peut. Au risque qu’elles ne s’ouvrent et ne s’infectent au contact de ce petit être. C’est connu, les blessées blesseront à leur tour, sauf s’ils ont pris conscience de leurs schémas éducatifs et entamer un processus de guérison.

Faites la paix avec votre ancien vous. Pardonnez-vous, soignez-vous, soyez en alignement avec vous même. Soyez stable avant de prétendre greffer une vie à la votre, soyez sûrs d’être bien enracinés avant de produire du fruit.

2. Se connaître  

Ça a l’air évident comme ça, pourtant beaucoup ne se connaissent pas. Ce n’est ni une question d’âge ni de sexe, ni même de position sociale. Nombreux sont ceux qui vivent et meurent sans se connaitre eux même.

Avoir connaissance de soi, c’est avoir conscience de soi. Se connaitre à l’intérieur, ses émotions, ses aspirations profondes. Prendre conscience des schémas sur lesquels notre vie est bâtie. Notre système de pensée, nos croyances limitantes, nos forces, nos talents… Il est indispensable de savoir qui l’on est avant de pouvoir mieux guider notre enfant.

Le risque c’est se perdre soi-même, ou de s’aliéner en devenant parent. Se connaitre soi-même à mon sens, c’est se définir individuellement, indépendamment du regard et des attentes de la famille, de l’entourage, de sa culture. C’est se poser en tant que sujet, libre de penser, de choisir et d’assumer.

3. S’aimer (le selflove)

C’est simple, on peut difficilement aimer autrui si l’on ne s’aime pas. Là encore vous me direz que c’est évident de s’aimer. Pourtant beaucoup d’entre nous ne nous aimons pas, en particulier nous les femmes. Dans cette société de comparaison amplifiée par les réseaux sociaux, nombreux rejettent ce qu’ils sont parce que jugé non conforme aux « standards ».

Combien peuvent se regarder dans le miroir et se complimenter? combien s’aiment et s’acceptent tels qu’ils sont, sans vouloir changer quoi que ce soit?

Le self love, et l’estime de soi, sont une clé pour une vie équilibrée. Une des fondations dont nos enfants auront besoin pour se construire. Et nous n’aurons même pas besoin de le leur enseigner, si nous leur renvoyons cette image valorisante de nous même.

4. Définir le « Pourquoi »

Il faut faire attention au pourquoi, car trop de personnes font des enfants pour les mauvaises raisons. Pour combler un vide émotionnel, pour garder un homme, parce que la belle famille commence à s’impatienter. Pour sauver son couple, parce qu’on s’ennuie dans sa vie. D’autres le font pour avoir des avantages financiers, ou pour avoir des bras en plus au champ etc….

Une vie est précieuse, elle prend 9 mois à se former. Chaque femme met sa vie en danger lorsqu’elle met au monde. C’est un miracle aucune maman ne me contredira. Un enfant doit être respecté, attendu et aimé pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il peut apporter.

Nombreux ne se pose pas la question du nombre d’enfants qu’ils veulent avoir, et pourquoi? Moi par exemple, je sais que je ne peux pas avoir une famille nombreuse, je ne saurai pas leur donner le meilleur de moi, et je ne pourrai pas vivre la vie que je veux en tant que femme. J’en suis incapable physiquement et mentalement, donc je n’en ferai pas 5.

5. Choisir le bon moment

Ce n’est ni une question de temps, de relation, de famille ou de je ne sais quel autre paramètre. Soit on est prêt à être parent soit on ne l’est pas. Il faut être prêt pour élever un enfant, encore plus armé pour en élever plusieurs.

Je me souviens que quelques mois après mon mariage, des gens formulaient des prétendues prières «  on espère que l’année prochaine à cette date nous aurons un bébé dans nos bras », je n’ai pas Amen à çà. Qu’elles partent d’un bonne intention ou pas, je pense qu’il faut arrêter ces formules toutes faites qui sont tout simplement indiscrètes, et malvenues. Nous sommes maitresses de notre utérus, et c’est à nous de choisir le timing adéquat, même lorsqu’on est en couple.

Il faut savoir que ceux qui font des commentaires désobligeants ne vous aideront pas à élever vos enfants. Vous et vous seul en serez responsable. Faites-le pour vous. Uniquement lorsque vous êtes prêts, en tout point, physiquement, émotionnellement, mentalement, financièrement, spirituellement.

 Les larmes d’un enfant son sacrées, nul ne doit les faire couler. 
Proverbe français, Le dictionnaire des proverbes français (1757)

6. Faire des enfants avec la bonne personne

Le compagnon idéal n’existe pas, mais il y a des bases. Quelqu’un de méchant, d’égoïste , d’irresponsable, d’immature ou un déséquilibré mental bien habillé (oui il y en beaucoup) ne fera certainement pas un bon père ou une bonne mère même si vous l’aimez à la folie. Et ne vous y trompez pas, les enfants ne changent pas les gens, ils les révèlent.

Analyser ce que l’on voit et ce que l’on ressent, c’est fondamental et salvateur. Ecoutez- vous! surtout les femmes. Notre instinct est notre boussole, elle nous indique lorsqu’il y a danger, mais nous choisissons souvent d’ignorer les signaux d’alerte.

Je connais plusieurs femmes qui ont décidé dans leur coin d’avoir des enfants, pour garder un homme alors qu’elles avaient t indiquant qu’il ne ferait pas un bon père ou ne serait pas un père du tout (déjà en couple; relation toxique etc..).

7. Les deux partenaires doivent être prêts

Oui les deux! Pas uniquement la future maman ou le futur papa, les deux. Il faut le souligner, car nombreux n’ont pas compris. Etre en couple depuis plusieurs années avec un homme/femme ne le/la rend pas éligible à la parentalité. Etre parent c’est différent d’être en couple. C’est une autre configuration, d’autres responsabilités. Il faut anticiper, en parler ensemble avant de se lancer.

Par exemple il y a des hommes qui arrivent dans votre vie en vous disant tout de suite « je veux te faire un bébé ». Moi je dis il y a un problème! Un enfant n’est ni un accessoire ni un cadeau surprise que l’on offre à quelqu’un.

La parentalité c’est comme une danse, elle n’est harmonieuse que si les deux partenaires suivent le rythme et synchronisent leurs pas. Soyez surs d’être en parfait accord avec votre partenaire avant de devenir parents. Trop d’enfants payent les pots cassés de ces décisions irresponsables.

8. S’entendre sur la ligne éducative

J’aurais pu mettre ce point en top de la liste au vu de son importance. On n’y pense pas, pourtant c’est indispensable de s’entendre sur comment on veut éduquer notre progéniture. Nous avons tous notre cadre de référence, des codes auxquels nous nous identifions. Des valeurs personnelles et familiales que nous souhaitons transmettre, auxquels nous ne faisons par forcement référence lorsque nous sommes en couple et qui surgissent et peuvent devenir des points bloquants lorsque l’enfant est là.

Il faut réfléchir à la famille que l’on veut avoir ensemble. Penser aux valeurs et principes que l’on veut perpétuer et en discuter avec son/sa partenaire. Surtout pour les couples mixtes (race, culture, pays, religion différente).

J’en ai fait l’expérience, il faut anticiper. Parlez de la future religion des enfants, sur le fait de donner la fessée ou non, de pratiquer l’éducation positive ou pas… Parlez-en! et entendez-vous, bien avant.

9. Avoir les moyens

Il en va sans dire qu’il faut pouvoir assumer de A à Z le bien-être de ses enfants. L’excuse de « C’est Dieu qui donne » ne marche plus, et c’est irresponsable. On n peut pas compter sur les autres pour s’occuper de nos enfants.

J’ai vu toute mon enfance des parents qui passaient voir les miens pour payer des ordonnances, des frais scolaires, des fêtes de baptêmes, etc. Des personnes qui comptent sur l’aide sociale de l’Etat, ou sur le « riche de la famille » pour s’occuper de leurs enfants, ce n’est plus le lien social c’est de l’irresponsabilité, il faut arrêter çà!

Je ne parle pas de ceux qui sont en manque de moyens suffisants suite à un coup dur de la vie (chômage, décès, guerre, exil….). Il est question ici de ceux qui sont bien-portant, qui se savent sans ressources et qui font quand même une ribambelle d’enfants en comptant sur Dieu, le grand frère, l’Etat… pour s’en occuper. J’ai bien dit s’en occuper, pas aider. Etre parent c’est être responsable de son enfant, et on fait tout pour. Sinon on en fait pas.

10. Eduquer les enfants

Dans la société de mon enfance, africaine, Bantue, les enfants n’étaient pas des sujets pensant, ils faisaient partie du décor. Ils n’avaient n’avaient apparement d’autres besoins que celui de « manger, s’habiller, se loger ». Ils devaient faire ce qu’on leur disait. Etre des objets obéissants. Tout ce qu’ils font y compris leur éducation scolaire doit servir aux parents, et surtout pas aller à l’encontre de la culture, de la famille. Je parle au passé en espérant que ce ne soit plus le cas, même si je sais que ça n’a pas beaucoup changé et c’est à peu près la même chose dans « la grande culture africaine ».

L’avenir professionnel et social d’un enfant n’est pas garanti parce qu’il va à l’école, qu’il mange bien et qu’il a un toit. Un enfant a d’autres besoins fondamentaux dans des domaines divers: l’autonomie, l’estime de soi, l’expression de soi, les limites réalistes… qu’il faut s’assurer de combler, pour qu’il soit équilibré.

Ce sont là des conditions nécessaires à l’épanouissement d’un enfant. Il y a tant d’hommes et de femmes qui sont intellectuellement irréprochables mais socialement déséquilibrés.

Nous avons la charge d’éduquer nos enfants, de leur apprendre comment traiter les autres, comment se faire traiter, comment survivre dans un milieu hostile. Le savoir-être, l’estime de soi, ne s’apprennent généralement pas à l’école, mais à la maison. Plus en observant les parents qu’en les écoutant.

Je me dois enfin de souligner que l’éducation doit être assurée par les deux parents. Ce n’est pas plus à la mère de le faire qu’au père. C’est une idée rétrograde, qu’il faut balayer. Elle n’a aucun fondement, et ne fais de bien à personne.

Et vous, dites moi en commentaire les points qui vous semble importants à prendre en compte avant d’avoir des enfants?

With love, always.